07/09/2005

...dans les arbres...

 

 

« Le monde s’était transformé : il était fait de ponts étroits et incurvés tendus dans le vide, d’écorces où nœuds ; écailles et rides semaient leurs rugosités ; il baignait dans une lumière verte qui changeait avec l’épaisseur et la consistance du rideau des feuilles tremblant au bout de leur pédoncule, sous le moindre souffle d’air, ou ondoyant comme une voile lorsque l’arbre s’inclinait.  Notre monde à nous se nichait dans les bas-fonds, nous avions des silhouettes bizarres et ne connaissions assurément rien de ce qu’il percevait chaque nuit : le travail du bois qui gonfle de ses cellules les cercles marquant les années au cœur des troncs ; les moisissures qui dilatent leurs plaques au vent du nord ; le frisson des oiseaux endormis qui blottissent leur têteau plus doux de l’aile, l’éveil de la chenille et l’éclosion de la pie-grièche.  Il est un moment où le silence de la campagne se forme, au creux de l’oreille, d’une menue poussière de bruits : un croassement, un glapissement, un froissement furtif dans les herbes, un clapotis dans l’eau, un piétinement entre terre et cailloux, et, dominant tout autre son, le crissement des cigales…Les bruits se mêlent l’un à l’autre, l’ouïe parvient toujours à en discerner de nouveaux, comme, sous les doigts qui cardent un flocon de laine, chaque nœud se révèle fait de brins plus fins, plus impalpables encore. »

 

 

…Italo Calvino, le baron perché, page 94-95…



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...Le lac...

       

A


insi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,

Dans la nuit éternelle emportés sans retour,

Ne pourrons-nous jamais sur l’océan des âges

Jeter l’ancre un seul jour ?

 

O lac ! l’année à peine a fini sa carrière,

Et, près des flots chéris qu’elle devait revoir,

Regarde ! je viens seul m’asseoir sur cette pierre

Où tu la vis s’asseoir !

 

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes ;

Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés ;

Ainsi le vent jetait l’écume de tes ondes

Sur ces pieds adorés.

 

Un soir, t’en souvient-il ? nous voguions en silence ;

On n’entendait  au loin, sur l’onde et sous les cieux,

Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence

Tes flots harmonieux.

 

Tout à coup des accents inconnus à la terre

Du rivage charmé frappèrent les échos ;

Le flot fut attentif, et la voix qui m’est chère

Laissa tomber ces mots :

 

« O temps, suspends ton vol ! et vous, heures propices,

Suspendez votre cours !

Laissez-nous savourer les rapides délices

Des plus beaux de nos jours !

 

« Assez de malheureux ici-bas vous implorent :

Coulez, coulez pour eux ;

Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;

Oubliez les heureux.

 

« Mais je demande en vain quelques moments encore,

Le temps m’échappe et fuit ;

Je dis à cette nuit :  « Sois plus lente » ; et l’aurore

Va dissiper la nuit.

 

« Aimons donc, aimons donc ! de l’heure fugitive,

Hâtons-nous, jouissons !

L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive ;

Il coule, et nous passons ! »

 

 

………..[Lamartine, Méditations, pages 48-49]…

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05/09/2005

 ...*le bleu du ciel un beau sourire du bout des lèvres...

    ………..MERCI le soleil !

 

             …pour toute cette bonne humeur que tu nous  apportes…

                

 

     

         [plein d’airs en tête……]

                           *...........I’m a bitch I’m a lover
                            I’m a child I’m a mother
                            I’m a sinner I’m a saint
                            I do not feel ashamed
                            I’m your hell I’m your dream
                            I’m nothing in between
                           You know, you wouldn’t want it any other way

                           [Alanis M.]




20:23 Écrit par Rynnn | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

*...constatation du jour...(!)*

                                

         

                ………………Si perçante soit la vue,


                      on ne se voit jamais de dos…

 

                           ...Proverbe chinois...



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